À PROPOS

HISTORIQUE

La Paroisse

 

La paroisse Saint-Viateur, couvrant alors le territoire de la municipalité d'Outremont, est érigée par décret de Mgr Paul Bruchési, archevêque de Montréal, le 28 février 1902, à même le territoire de la paroisse Saint-Enfant-Jésus du Mile-End.

De 1902 à 1904, les célébrations ont lieu à la chapelle de la Maison provinciale des Clercs de Saint-Viateur où elles avaient lieu depuis son ouverture, en 1896. De 1904 à 1912, elles ont lieu dans une ancienne église anglicane dont la paroisse avait fait l'acquisition, et qui fut démolie en 1923.

Après l'érection de la paroisse Sainte-Madeleine, en 1908, la décision est alors prise de construire une nouvelle église, sur un nouveau site qui est finalement choisi par Mgr Bruchési.

L'église, construite en 1911 dans la foulée du Congrès eucharistique de Montréal tenu du 7 au 11 septembre 1910, est une vaste église de 4 278 mètres carrés (46 031 pieds carrés) d'après les plans de Louis-Zéphirin Gauthier (1842-1922) et Joseph-Égilde-Césaire Daoust (1881-1946). Les travaux de construction, sous la responsabilité de Louis-Joseph Fauteux, débutent le 28 décembre 1910. Les travaux d'excavation et de canalisation sont achevés le 16 avril 1911 et la pierre angulaire est posée le 24 septembre 1911. Dès le 11 septembre 1912, les célébrations se déroulent dans la crypte de la future église qui sera inaugurée le 26 octobre 1913.

De style néo-gothique et en forme de croix latine, ce temple est doté d'arches très élancées. Il mesure 88 mètres (288,7 pieds) de longueur sur 45 mètres (147,6 pieds) de largeur. La pierre de Deschambault couvre sa façade, les autres murs étant en moellons de pierre calcaire de Montréal.

L'aménagement, l'ameublement et la décoration de l'église ont lieu en quatre temps principaux. Premièrement, on remploie du mobilier de l'ancienne église puis on commande un orgue, des vitraux, la décoration du baptistère et une statue du Sacré-Coeur. Deuxièmement, au début des années 1920, en vue du 25e anniversaire (1927) de la paroisse, on commande les retables, la chaire, l'ameublement du sanctuaire, la décoration peinte des murs et plafonds, un carillon de cinq cloches, les vitraux de la sacristie et l'ameublement du baptistère. Troisièmement, de 1941 à 1950, on remplace les statues de plâtre par des statues de chêne. Enfin, lors de la réforme liturgique instaurée par le concile Vatican II, l'autel majeur fait maintenant face à l'assemblée, la réserve eucharistique est déplacée vers l'autel de la Vierge Marie, l'installation d'un ambon dans le sanctuaire et l'utilisation d'un autel mobile pour les célébrations les jours de semaine.

Extérieur

 

La façade possède un triple portail orné d'archivoltes, de fleurons et d'anges portant écus sculptés par Cléophas Soucy, quatre hautes portes sculptées, une grande verrière en ogive, et une niche où repose une statue, en bronze, de saint Viateur, oeuvre de J. Piché. Les deux tours sont asymétriques. Plus haute de 53 mètres (173,9 pieds), la tour de l'ouest contient cinq cloches fabriquées en 1925 par la maison Paccard, d'Annecy-le-Vieux (France).

Intérieur

Dans le sanctuaire, les trois autels et leurs retables, les stalles et les lambris du choeur ainsi que la chaire, tous en chêne et réalisés en 1922-1923, sont l'oeuvre de Victor Allard. Les prie-Dieu (1923) et les sièges des célébrants (1926) sont l'oeuvre d'Elzéar Soucy. Toussaint-Xénophon Renaud dore les boiseries. Le tombeau du maître-autel contient une représentation de la Dernière Cène réalisée en chêne blanc en 1923 par Joseph-Olindon Gratton. La balustrade, conçue par l'architecte Albert Larue, est l'oeuvre de Victor Allor réalisée en 1927. Elle comporte 54 statues de papes sculptées par Joseph-Olindon Gratton. La statue de saint Viateur dans le retable du maître-autel a été réalisée en chêne en 1942 par Elzéar Soucy. Quant aux 40 autres statues des retables, d'abord en plâtre, elles ont été remplacées de 1948 à 1950, par des statues en chêne produites par Médard Bourgault. Il s'agit du plus vaste ensemble de ses oeuvres conservé en un seul endroit au Québec.

Les dix autres statues placées dans le reste de l'église (nef, transept, sous la tribune arrière) sont aussi l'oeuvre de Médard Bourgault.

Les lustres, conçus avant 1921 par l'architecte Joseph-Égilde Daoust, sont ensuite dessinés en couleurs puis ont été fabriqués par la maison Kimberley's, de New York, et installés par la maison Morgan's (ancêtre de la maison La Baie), de Montréal.

La chaire a été réalisée par Victor Allard sous la direction de Philibert Lamay. Elle comprend des sculptures réalisées par P. Proulx. Les chapiteaux en plâtre ont été réalisés sur un moule sculpté par Cléophas Soucy.

Guido Nincheri, immigré à Montréal en 1914, réalise la décoration du baptistère en 1915. Ceci représente sa toute première oeuvre au Canada.

Les vitraux datent de 1914-1916. Parmi ceux-ci, on compte trois grands vitraux : celui de la façade et ceux du transept; les huit vitraux de la nef racontant des épisodes de la vie de saint Viateur, ainsi que divers vitraux représentant divers saints et à motifs floraux. Toutes ces oeuvres ont été conçues par Guido Nincheri dont c'était la première oeuvre sur vitrail. C'est Henri Perdriau qui lui a enseigné cet art. Elles ont été fabriquées par la firme Henri Perdriau, de Montréal.

La sacristie possède dix vitraux réalisés en 1923 par les ateliers de Guido Nincheri. Elle comprend aussi une peinture " Le Christ Roi " réalisée par Guido Nincheri en 1927 ainsi qu'une statue de saint Viateur datant du 5 avril 1897. Le petit autel, dédié à Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, qui s'y trouve est fabriqué par la maison Luisi d'Italie. Il contient une table en marbre de Carrare et les fûts de colonne en marbre de Sienne.

Les peintures murales et de la voûte ont été réalisées par Guido Nincheri entre mai 1921 et octobre 1922. Ce sont des fresques à sec sauf deux peintures situées au sommet du retable de l'autel principal et celles du baptistère qui sont des toiles marouflées.

L'orgue

Construit en 1913 dans une période prospère de l’atelier des frères Casavant, l’orgue a été inauguré le 23 novembre 1913. Il comportait 37 jeux répartis sur trois clavier et pédalier.

Il a vu, au fil des ans, des musiciens célèbres du Québec et d’ailleurs se succéder à sa console. Outre ses principaux titulaires, Victoria Cartier, Marcelle Martin-Gratton, Pierre Dufresne, Monique Gendron, Jean Ladouceur et Hélène Panneton. Marcel Dupré y donnait un récital en 1923 à l’occasion d’une tournée américaine.

Malgré un bon entretien et des réparations importantes, l’orgue manifestait, à la fin des années 1980, des signes de fatigue évidents. C’est à la firme Guilbault-Thérien de Saint-Hyacinthe que l’on confie, en 1991, les travaux de restauration. Tout en conservant l’esthétique symphonique d’origine, on veut donner à l’instrument plus de polyvalence et d’éclat par l’ajout de mutations et de pleins-jeux qui permettront l’interprétation d’une plus grande partie du répertoire. Antoine Reboulot agit comme conseiller au projet. L'instrument est porté à 43 jeux et 50 rangs et un combinateur électronique à 8 niveaux de mémoire est installé. L’orgue donne enfin sa pleine mesure. Il chante avec une magnificence renouvelée, digne de la beauté du vaisseau dans lequel il résonne.

La décoration des tuyaux de façade a été refaite en 1922 par Guido Nincheri, en harmonie avec la décoration générale de l'église, et a ainsi remplacé la décoration initiale (1913), oeuvre des Ateliers Henri Perdriau.

 

LA VIE DE SAINT-VIATEUR

Il n’existe pas de biographie d’époque de saint Viateur. C’est par des fragments de la vie de son évêque saint Just (300-390 environ) que nous le connaissons. Les biographes récents disposent aussi pour se guider de l’histoire générale de l’époque.

 

Ce que nous savons, c’est que Viateur était lecteur de l’Église de Lyon, qu’il était très attaché à son évêque, au milieu d’une population industrieuse, à demi christianisée. Nous savons aussi que Lyon était déjà la capitale de la Gaule et que l’évêque Just, son chef spirituel, jouissait d’une grande réputation, lui qui participa à au moins deux conciles à l’étranger.